Dans la nuit du mardi 9 au mercredi 10 juillet 2024, deux figures éminentes de la société civile guinéenne, Oumar Sylla, également connu sous le nom de Foniké Mènguè, et Mamadou Billo Bah, ont été appréhendés dans des circonstances troublantes. Selon le Barreau de Guinée, ces arrestations ont été menées par des individus encagoulés et lourdement armés, en l’absence de tout mandat judiciaire, ce qui constitue une violation flagrante de l’article 12 de la Charte de la transition guinéenne.
Cet article garantit que nul ne peut être arrêté, inculpé ou détenu sans une base légale préalable, et stipule également le droit à l’assistance d’un avocat dès le moment de l’interpellation ou de la détention. Malgré les efforts des avocats et des familles pour localiser les détenus, leur lieu de détention reste inconnu, dépassant ainsi le délai légal de 48 heures sans présentation devant une autorité judiciaire compétente.
Le Barreau de Guinée a vivement critiqué ces agissements qualifiés d’anachroniques et contraires aux principes de l’État de droit. Il a rappelé que même en période exceptionnelle, aucune mesure ne devrait justifier la violation des droits fondamentaux des citoyens, comme le garantit l’article 8 de la Charte de la transition.
Face à cette situation préoccupante, le Barreau de Guinée a exigé des autorités compétentes, notamment le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme ainsi que le procureur général près la Cour d’appel de Conakry, de prendre des mesures immédiates pour assurer la libération ou la présentation des détenus devant le parquet compétent. Il a également annoncé la possibilité de convoquer une Assemblée générale extraordinaire pour discuter des mesures à prendre si les détenus ne sont pas libérés d’ici le vendredi 12 juillet 2024 à 10h.
Cette affaire soulève de vives préoccupations quant au respect des droits civils en Guinée et met en lumière la nécessité urgente de renforcer l’État de droit et la protection des droits de l’homme dans le pays.
AbdourahmaneBaldé
661080404


